Sécurité

L’armée française passe à la cyberoffensive

En France, Florence Parly, la ministre des Armées a publié ce vendredi la première doctrine militaire de lutte informatique offensive (LIO) du pays, en évoquant le potentiel d’attaque et de défense de l’Hexagone dans la nouvelle ère numérique. Son discours cadrait avec les propos tenus en 2015 par Jean-Yves le Drian, à l’époque ministre de la Défense, lorsqu’il déclarait que « le cyber n’est pas seulement défensif, c’est un nouveau champ de bataille. La France dispose de capacités offensives ».

Dans sa déclaration qui intervient après la réforme de structure et l’accroissement des moyens, la ministre a averti : « Nous serons prêts à employer en opérations extérieures l’arme cyber à des fins offensives, isolément ou en appui de nos moyens conventionnels, pour en démultiplier les effets. […] Nous considérons l’arme cyber comme une arme opérationnelle à part entière ».

Florence Parly a, en outre, révélé à la surprise générale que des pirates ont tenté à plusieurs reprises d’accéder en douce aux boîtes mail de dix-neuf cadres du ministère des Armées, parmi lesquels des « personnalités sensibles ». Les auteurs de cette intrusion s’intéressaient vraisemblablement à la chaîne d’alimentation en carburant de la Marine nationale. Ces attaques auraient débuté fin 2017 et se seraient poursuivies jusqu’en avril 2018. Elles auraient été perpétrées par un groupe russophone, baptisé Turla, considéré par l’entreprise russe de cybersécurité Kaspersky comme l’un des plus performants du moment.

Rappelons que la France reconnaît officiellement depuis 2008 l’importance du cyberespace et de ses nouvelles modalités de confrontation. La loi de programmation militaire adoptée dans l’Hexagone en 2018 sur la période 2019-2025 prévoit d’ailleurs de consacrer 1,6 milliard d’euros à la cyberdéfense et de recruter 1000 « cybercombattants ».

L’introduction de cette première doctrine d’emploi de « l’arme cyber » confirme que le volet offensif des technologies en rapport avec le cyberespace, autrefois chasse gardée de la DGSE, peut dorénavant être employé comme une arme ou un système d’armement à la disposition de l’armée française. Cette dernière se réserve désormais le droit de riposter à n’importe quel cyberagression dans le respect du droit international.

L’annonce de Parly semble tomber à point nommé, alors qu’une campagne de recrutement pour le ComCyber vient de débuter. Aux alliés, Matignon montre qu’il se met à niveau, tout en exposant ses cybermuscles à ses adversaires.

Source : Libération

Comment here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

fr_FRFrench
en_USEnglish fr_FRFrench