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Celui par qui le scandale Cambridge Analytica est arrivé s’attaque à Facebook

Aleksandr Kogan a développé le quiz qui a servi à récupérer les données de millions d’utilisateurs Facebook à leur insu. Mais il refuse de porter le chapeau dans cette affaire et envisage même de poursuivre le réseau social en justice.

 

Il est à l’origine d’un scandale sans précédent dont Facebook peine à se dépêtrer. Ce jeune chercheur de l’Université de Cambridge originaire de Moldavie reconnaît avoir récolté les données personnelles de millions d’utilisateurs Facebook via une application de quiz, « thisisyourdigitallife« , qu’il avait lui-même développé via sa société Global Science Research. Des informations qu’il a ensuite transmises à Cambridge Analytica. Pour beaucoup de médias et Facebook, qui a suspendu son compte, c’est un grand méchant qui a violé les règles d’utilisation de la plateforme. Mais, lui, refuse d’endosser seul la responsabilité de l’affaire et affirme avoir été abusé par Cambridge Analytica.

Le 21 mars dernier, Aleksandr Kogan s’était déjà exprimé auprès de la BBC« Je pense que je suis utilisé comme bouc émissaire par Facebook et Cambridge Analytica. Honnêtement, nous pensions que nous agissions parfaitement bien. Nous pensions que nous faisions quelque chose qui était vraiment normal », avait-il alors déclaré. Après être resté silencieux durant un mois, il vient d’accorder une nouvelle interview à Buzzfeed.

 

Il veut attaquer Facebook pour diffamation

Cette-fois, il reconnaît enfin avoir enfreint les règles de Facebook assignées aux développeurs tiers en transmettant toutes ses informations à Cambrigde Analytica. Mais il affirme maintenant que cette pratique était courante et partagée par de nombreux autres développeurs. Il réfléchit même à poursuivre Facebook pour diffamation. En cause, les propos du vice-président et directeur juridique de Facebook Paul Grewal qui l’a accusé dans le New-York Times d’avoir organisé une « escroquerie et une fraude », en prétendant poursuivre des buts académiques avec son quizz.

Kogan réplique en assurant que les choses étaient claires et séparées de son travail de recherche. Par ailleurs, les utilisateurs de Facebook étaient payés 4 dollars pour répondre au quiz. Ils auraient aussi été avertis que leurs données seraient utilisées à des fins commerciales. Il révèle enfin avoir travaillé ponctuellement pour Facebook et que l’entreprise connaissait l’existence de sa société Global Science Research. Il affirme également avoir collaboré à l’écriture de plusieurs articles avec Pete Fleming, aujourd’hui à la tête de la recherche chez Instagram. Quant à son ancien associé Joseph Chancellor, qui a contribué au recueil des données utilisées par Cambridge Analytcia, il a été embauché par Facebook fin 2015.

Kogan s’est aussi attardé sur le cas Christopher Wylie, le lanceur d’alerte et ancien salarié de Cambridge Analytica, à l’origine de la révélation de l’affaire. Il réfute notamment les compétences scientifiques et informatiques que ce dernier revendique et estime qu’il tente de le faire passer faussement pour un espion russe. Enfin, il assure que les informations récupérées n’étaient pas de nature à peser sur l’issue du scrutin de la présidentielle américaine.

Aleksandr Kogan doit être auditionné aujourd’hui par un comité parlementaire.

 

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